GRANGE AUX CONCERTS Billetterie
27 AOÛT, 20:00
HENZE | FRANCOIS – MCCAFFERTY – REYMOND – SANDOZ

elcimarronYannis François

HANS WERNER HENZE
Vie de l'esclave évadé Esteban Montejo
Livret de Hans Magnus Enzensberger d’après l’oeuvre de Miguel Barnet

Adaptation française de Valentin Reymond, Philippe Huttenlocher et Maryse Fuhrmann

 

Direction musicale : Valentin Reymond
Mise en scène : Robert Sandoz
Chorégraphie : Cisco Aznar
Scénographie et costumes : Claire Peverelli
Lumières : Jean-Philippe Roy

Yannis François, baryton
ORCHESTRE DES JARDINS MUSICAUX
Émilie Brisedou, flûte, piccolo, flûte alto, flûtebasse, ryuteki, harmonica
Miriam Fernandez, guitare
Pascal Pons, percussion
Sébastien Aegerter, percussion
Luca Musy, percussion


L'ESCLAVAGE HIER & AUJOURD'HUI

Une table ronde animée par le philosophe Jean-Pierre Schneider précédera la Première de EL CIMARRÓN. Jean-Pierre Schneider accueillera l'écrivain et historien Olivier Pavillon, auteur du livre Des Suisses au coeur de la traite négrière, Lausanne, Antipodes, 2017, 159 p.

Vacherie, LU 27 août / 18:00 - Entrée libre


En 1963, le poète et ethnologue cubain Miguel Barnet rencontre Esteban Montejo, un Noir âgé de cent quatre ans qui lui raconte sa vie. Trois ans plus tard, le récit devient livre : Biografia de un Cimarrón 1.


Esteban Montejo y offre un résumé de l’histoire cubaine liée à la domination espagnole puis américaine ; il devient un symbole de la vulnérabilité d’une jeune nation avec sa faim d’autonomie et sa soif de plaisirs. Hans Magnus Enzensberger en tire un livret en quinze tableaux pour Hans Werner Henze.

Hans Werner Henze est de cette génération qui, au sortir de la guerre, refait le monde sur des bases nouvelles et conquiert en musique des territoires inconnus. Il est l’un de ces représentants de la Neue Musik dont l’empire s’étend sur les cours d’été de Darmstadt, sur le festival de Donaueschingen, sur les radios allemandes prêtes à promouvoir la création et l’aventure. Très vite pourtant, Henze manifeste son indépendance. Il revendique le droit de s’évader du modèle strictement schoenbergien qu’il avait été l’un des premiers à embrasser avec enthousiasme et qu’il est l’un des premiers à vouloir assouplir.


Alors que la Neue Musik de l’après-guerre considère Webern comme le seul modèle possible, Henze s’inspire de Stravinsky et du jazz, pire, de Mahler, pire encore de Bellini ou Rossini. Il écrit des symphonies, des concertos, des ballets et des opéras. Et ses oeuvres sont jouées. Et ses oeuvres plaisent au public. Compositeur d’avantgarde et compositeur à succès : ce paradoxe, ses confrères ne le lui pardonneront pas.Pour Henze, il s’agit de pouvoir communiquer avec le plus grand nombre et de diminuer la distance entre l’artiste et le public. El Cimarrón date d’une période de remise en question fondamentale du style d’écriture de Henze autant que des finalités profondes de son état de compositeur. C’est la découverte, en 68, de la contestation sur les campus aux Etats-Unis, des manifestations des Noirs. En Italie, l’influence des intellectuels de la nouvelle gauche, à Berlin, la rencontre avec le poète Hans Magnus Enzensberger. Deux séjours à Cuba et un autre dans le ghetto noir de Harlem marquent ses sympathies marginales. Cette expérience engagée nourrit son oeuvre, la rend plus forte, voire violente. Cette remise en question du statut de l’artiste prépare aussi une période où le travail du compositeur s’intègre à des milieux sociaux hors circuit. Ainsi les « Chantiers Musicaux » le festival qu’il crée à Montepulciano est conçu comme une sorte d’anti-Salzbourg : le festival n’est pas coupé de la population locale, il est au contraire préparé avec elle, pensé pour elle.

 

Ce concert sera également donné le jeudi 30 août à 21:00 à Cernier / GRANGE AUX CONCERTS, EVOLOGIA

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