
Charley Bowers (1889-1946)
Pour épater les poules (Egged on) 1926
Non tu exagères (Now you tell one) 1926
Au piano : Simon Peguiron
Introduction et intertitres : Vincent Adatte
Coproduction
Jardins Musicaux — Lanterne Magique
« C’est à Charley Bowers que nous devons d’être projetés pour la première fois, les yeux dessillés, sur la distinction platement sensorielle du réel et du fabuleux, au cœur même de l’étoile noire. » André Breton
Une machine à rendre les œufs incassables, un arbre à chats pour contrer une invasion de souris, une formule-miracle permettant d’obtenir des peaux de bananes antidérapantes… Ces inventions surréalistes, nous les devons à un certain Charley Bowers, cinéaste hors du commun longtemps tombé dans l’oubli, miraculeusement redécouvert par un rat de cinémathèque qui récupérait de vieilles bobines à cinq francs le kilo.
A n’en pas douter, Charley Bowers est l’une des figures les plus énigmatiques de l’histoire du cinéma américain. Né en 1889, enlevé à cinq ans par un directeur de cirque qui en fait un funambule, Bowers est tour à tour jardinier, jockey, garçon d’ascenseur ou dresseur de chevaux. Caricaturiste de talent, il collabore dès 1912 avec le pionnier du cinéma d’animation Raoul Barré, pour lequel il tourne plusieurs centaines de dessins animés.
Dans les années vingt, Bowers réalise une série de courts-métrages fabuleux où il joue le rôle principal, celui d’un inventeur loufoque dont les trouvailles sont aussi burlesques que poétiques. Mêlant prises de vue réelles et animation image par image avec une inventivité inouïe, ces petits chefs-d’œuvre sont tombés dans l’oubli le plus complet, jusqu’au jour où Raymond Borde, directeur de la Cinémathèque de Toulouse, déniche chez un forain quatre boîtes rouillées…
Petits et grands pourront découvrir, en musique, deux « sommets » de l’œuvre comique et invraisemblable de Charley Bowers, ce cinéaste qui faisait du surréalisme sans le savoir.
