Robert Schumann (1810-1856)
Missa Sacra en ut mineur op.147
Chœur Pro Arte Lausanne
Jeannette Fischer : soprano
François Margot : orgue
Direction : Pascal Mayer
Schumann est un cas unique dans l’histoire de la musique : un poète dont le verbe est le son. Toute sa vie n’est que poésie et musique. Sa vocation première est littéraire mais sa passion est musicale. Il mettra donc en musique les poèmes qu’il n’écrira jamais.
La Messe en ut mineur op.147, ou Missa Sacra, pour solistes chœur et orchestre de Robert Schumann est une des dernières œuvres du compositeur, avec le Requiem op.148, avant qu’il ne sombre dans la folie.
Elle fut écrite en 1852-1853, à l’époque où Schumann dirigeait à Düsseldorf quantité de concerts de musique sacrée, redécouvrant les œuvres de Palestrina, Bach et Mozart qui l’incitèrent à se tourner lui-même vers ce genre qu’il n’avait pas abordé jusqu’alors. Il écrit en 1851 : Concentrer son énergie sur la musique sacrée, voilà sans doute le but suprême de l’artiste. Il projeta plusieurs pièces, mais seuls la Messe et le Requiem virent le jour. Ils ne furent pas joués de son vivant.
En 1854, Schumann est envahi par de nouveaux troubles psychiques. Il éprouve du mal à parler, il a des hallucinations auditives. Il entend la note « la » ; le 10 février cette note s’anime et se fait musique ; « une musique si magnifique qu’on n’en a jamais entendu de pareille sur terre » dit-il. Il semble que Schumann entre progressivement dans un monde de souffrance. Il tente de se soustraire à la démence qui peu à peu le gagne. Ce sont les anges d’abord, puis les diables qui tournent autour de lui. La crise semblant s’apaiser, Schumann peut se mettre au piano, écrire des lettres et soudain il réalise et prend conscience de son état. Il est devenu fou. La terreur de toute sa vie.
