
Leos Janacek (1854-1928)
Le Journal d’un disparu
« Zapisnik zmizélého »
Texte de Josef Kalda
Rémi Garin : ténor
Carole Marais : mezzo-soprano
Chœur : Sylvie Wermeille, Francesca Puddu, Marie-José Boinay
Piano : Mireille Bellenot
Texte français lu par Cyril Tissot
J’ai croisé une jeune tzigane, elle avait l’allure d’une biche, sur sa poitrine des tresses noires et des yeux au regard sans fond. Elle m’a lancé un long regard puis a disparu derrière une souche, et ainsi dans la tête elle m’est restée tout le long de la journée.
Ainsi commence le poème paru dans un journal tchèque en 1916, relatant une histoire d’amour entre Yanik, un jeune paysan morave, et Zefka, la belle tzigane. S’y trouve décrite son attirance irrésistible qui va l’amener à quitter le milieu social auquel il appartient et à en faire exploser les valeurs rassurantes. Les courts poèmes sont écrits en dialecte valache parlé dans une région proche du pays natal de Janacek.
Leos Janacek, âgé de 64 ans et lecteur assidu dudit journal, tomba à la même époque éperdument amoureux d’une femme mariée, de 40 ans plus jeune que lui. Le Journal d’un disparu fut la première œuvre inspirée de cet amour. Le jeune paysan hésitant devient miroir d’un Janacek vieillissant ne pouvant se résoudre à quitter sa femme. L’ardeur et l’émotion parcourent l’œuvre qui reprend le style des chansons-ballades populaires et raconte le destin d’une passion dans laquelle se profile un conflit entre deux mondes. Janacek, alors au sommet de son art, composera sur ces vers faussement naïfs une œuvre aussi inclassable qu’incandescente.
