
Peter Maxwell Davies (1934*)
Eight Songs for a Mad King (1968)
Texte de Randolph Stow
Spectacle surtitré en français
The Sentry King Prussia’s Minuet
The Country Walk La Promenade
The Lady-in-Waiting Miss Musgrave’s Fancy
To be Sung on the Water The Waterman
The Phantom Queen He’s Ay A-Kissing Me
The Counterfeit Le Conterfaite
Country Dance Scotch Bonnett
The Review A Spanish March
Direction musicale : Valentin Reymond
Mise en scène : François Rochaix
Scénographie : Jean-Claude Maret
Eclairages : Jean-Philippe Roy
Assistant : Cyril Tissot
Charles Johnston : baryton
Pierre Michot : un médecin
Orchestre des Jardins Musicaux
Martin Pring : violon
Hugh McDowell : violoncelle
Anne-Laure Pantillon : flûte
Jean-François Lehmann : clarinette
Jonathan Higgins : piano et clavecin
Lucas Gonseth : percussion
Coproduction
Opéra Décentralisé Neuchâtel — Théâtre Populaire Romand
Représentation au TPR le 8 février 2008
George III est né en 1738. Il monte sur le trône en 1760 et y reste jusqu’à sa mort en 1820, soit 60 ans ! Son règne est marqué par le rattachement à l’Empire britannique de comptoirs commerciaux français aux Indes et au Sénégal, par les débuts de la révolution industrielle, par la perte des colonies d’Amérique (qui aboutit à la création des Etats-Unis d’Amérique) et par de longues guerres contre la révolution française, puis l’empire napoléonien. Il rétablit les prérogatives royales ; il limite l’autorité du Parlement et contrôle très étroitement le cabinet. En 1788, le roi, âgé de 50 ans, est victime d’une attaque bilieuse aiguë. Dès 1810 George III est reconnu fou, mais il souffrirait en fait de la porphyrie intermittente aiguë, une maladie génétique rare touchant au métabolisme. En 1812, il devient aveugle, cette cécité totale constitue la phase ultime de la porphyrie.
Les poèmes formant le texte de cette œuvre furent suggérés par un orgue mécanique miniature (retrouvé en 1996) jouant huit mélodies et qui fut la propriété de George III. Un morceau de papier vendu avec l’instrument explique : « cet Orgue fut à George III, pour faire chanter les oiseaux ».
Lorsqu’on me fit la démonstration de cet orgue, il me laissa une impression particulière et très troublante. On imaginait le Roi, dans sa robe de chambre de flanelle pourpre et son bonnet de nuit en hermine, luttant afin d’enseigner aux oiseaux à chanter la musique qu’il arrivait à grand-peine et torture à extraire de sa flûte et de son clavecin. Ou encore essayant de chanter avec eux de cette voix ravagée, rendue presque inhumaine par d’interminables soliloques. Il y avait là des échos du conte du Rossignol de l’Empereur. Mais cet Empereur-ci était fou ; et parfois il s’en rendait compte, et il pleurait. Il faut comprendre ces chants comme des monologues du Roi pendant qu’il écoutait ses oiseaux chanter. Ils incorporent certaines phrases réellement dites par George III.
Randolph Stow
